Je ne sais pas si le chiffre « 51 » rappelle quelque chose aux passionnés d’automobiles mais j’avoue que pour moi il a fait immédiatement tilt dans ma mémoire pourtant vieillissante . Je vous aide un peu, cinquante et une victoire en course ça ne vous dit rien ? Les plus jeunes d’entre vous vont immédiatement citer Sébastien Loeb qui vient de remporter au Portugal dernièrement son 51° succès en rallye, mais les plus anciens vont également penser à Alain Prost et ses 51 victoires en Formule 1 . Deux références absolue du sport automobile français, mais à deux époques et dans deux disciplines complètement différentes ….



Si l’on ne compare strictement que les chiffres, sans aucune analyse sous-jacente, Sébastien prend l’avantage avec cinq titres mondiaux contre quatre pour Alain . Ces 51 victoires sont gagnées en 117 rallyes sur une période de six ans et demi pour Loeb contre 199 Grand Prix sur douze ans pour Prost . Le petit jeune a remporté tous ses rallyes dans des Citroën, soit 28 dans des Xsara puis 23 dans des C4, alors que le professeur en a glané 9 chez Renault puis 30 chez McLaren ( avec deux moteurs différents TAG-Porsche puis Honda), 5 chez Ferrari et 7 chez Williams ….

A la décharge d’Alain, pendant sa carrière en F1, le plateau était plus relevé et équilibré qu'en Mondial des rallyes depuis le début du XXIe siècle . En fait Prost a dû se confronter, parfois dans la même équipe, à des pointures comme Ayrton Senna, Nelson Piquet ou Nigel Mansell . Pour Loeb, une fois liquidés Carlos Sainz et Colin McRae tous deux en fin de carrière, il a suffi de dégoûter Petter Solberg, pas aidé par une Subaru déclinante, puis d'envoyer Marcus Grönholm et sa Ford moins performante à la retraite, avant d'entamer la course aux records face à une concurrence réduite depuis fin 2007 à un seul élément, Mikko Hirvonen ….

Comme pour Michael Schumacher, Loeb à l’avantage de s'appuyer sur une équipe Citroën Racing toute acquise à sa cause avec un copilote idéal Daniel Elena, et n'a rien à craindre de Dani Sordo clairement identifié comme pilote N°2 du team . Prost quant à lui, dans des équipes à dominante anglaise ou italienne, a souvent dû se battre contre des contextes politiques moins favorables et des "coéquipiers" considérés comme des N°1 ex aequo . L'incomparable Brésilien Ayrton Senna a été l'adversaire le plus récalcitrant de Prost, capable de remporter 41 victoires en 161 GP disputés, et trois titres mondiaux . Les duels Prost-Senna sont restés dans les mémoires, souvent à grands coups de roues et d’accrochages divers, alors que les bagarres entre Loeb et Marcus Grönholm, toujours fair-play, ont plutôt fait rage par chronomètres et temps partiels interposés ….

Pour clore cette analyse plutôt décalée car les disciplines et les époques ne sont justement pas comparables, on peu noter que Sébastien Loeb qui est un vrai dingue de sports mécaniques s’est aussi essayé en endurance (Pescarolo, Peugeot) et en F1 (Renault, Red Bull) alors que Alain Prost obsédé par la Formule1 n'a fait qu'une brève apparition au rallye du Var en 1982 sur une R5 Turbo et participé depuis 2004 au Trophée Andros ….

Ma conclusion de cette analyse va en décevoir certains car je ne donnerais pas de nom pour désigner "le meilleur" . En fait je suis autant admiratif de l’un comme de l’autre bien que ma préférence aille à la Formule 1 depuis ma plus tendre enfance . Avantage à Sébastien toutefois car vu son jeune âge il devrait faire encore quelques belles saisons et pulvériser les statistiques de sa discipline . En résumé, deux immenses champions français qui ont marqué au fer rouge les annales du sport automobile mondial, pas si courant pour être signalé ….


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