En 1926, Ettore Bugatti considéré aujourd’hui comme un pionnier de l’automobile projette de fabriquer la plus prestigieuse, la plus rapide et la plus luxueuse automobile du monde . Il a dans l’idée de surpasser la Rolls-Royce Silver Ghost qui à l’époque faisait référence dans la catégorie . Le projet est ambitieux, les années sont folles, la luxueuse Bugatti Royale Coupé Napoléon voit donc le jour, mais son coût exorbitant limite sa production . Elle ne sera en fait produite qu’à six exemplaires, dont trois seulement seront vendus pour la somme (astronomique pour l’époque) de 500.000 francs . Il faut dire que tout en elle est excessif comme son moteur qui développe 300 chevaux pour une cylindrée de 12 763 cm3, elle peut atteindre la vitesse infernale de 200 km à l’heure ! ….



Ettore Bugatti s’attribue personnellement la première construite et il la conservera jusqu’à sa mort, cachée pendant la guerre pour qu’elle ne soit pas réquisitionnée ou, pire détruite par l’occupant . Cette automobile d’exception à la particularité (entre autre) de posséder un bouchon de radiateur très spécial puisqu’il s’agit d’un éléphant debout sur ses pattes arrière qui trône sur le sommet de la fameuse calandre en forme de fer à cheval à l’image de la célèbre Flying Lady sur la calandre des Rolls-Royce . Cette petite sculpture en argent provient d’une statuette en plâtre façonnée par son frère Rembrandt Bugatti génial créateur de bronzes animaliers décédé en 1916, une sorte de dernier hommage, le plus beau qui soit pour un sculpteur. Ettore choisit donc dans l’atelier de Rembrandt un plâtre original de 1904 (le fameux éléphant), et demande au fondeur Valsuani de l’éditer en argent . Ce bouchon de radiateur particulier va donc devenir l’emblème inédit de cette voiture exclusive ….

Cette automobile d’exception ne connaîtra que deux propriétaires . Après son créateur, elle passe entre les mains expertes de Fritz Schlumpf, grand collectionneur de voitures de prestige . Ce dernier possédait un grand empire textile dans le Haut-Rhin mais les difficultés liées à la concurrence et sa passion dévorante pour les voitures de luxe ont précipité sa chute . Après l’avoir racheté en 1963 pour sa collection personnelle, Il la conserve jusqu’en 1981, date à laquelle son musée est nationalisé . Obligé de quitter la France, protégé avec sa famille par les forces de l’ordre, le collectionneur ne peut emporter que peu de choses et il choisit le fameux éléphant . Ce sont donc les héritiers de son épouse Arlette décédée en 2008 qui ont proposé lors d’une vente aux enchères, début Juillet à Molsheim ce fameux bouchon avec une mise à prix de 70.000 euros en espérant en tirer entre 100 et 150.000 euros vu l’extrême rareté de l’article . Et bien sachez que l’emblème de son radiateur est aussi devenu la plus chère des mascottes de capot, la Flying Lady peut donc aller se rhabiller car le célèbre éléphant qui trône sur la calandre s’est vendu pour la somme extravagante de 238.000 € acheté par une personne désirant rester anonyme . Bref, un bouchon de radiateur de vieille bagnole à 238.000 € qui ne peut même pas être utilisé puisqu’il est impossible d’avoir la voiture, franchement il y a des jours où l’on se demande si certaines personnes ont bien toutes leurs facultés . Mais de qu’elle crise économique parlez-vous donc ? !!! ….



Quelques œuvres de Rembrandt Bugatti ....





JPBlogAuto