JAGUAR MK II ….





Comme les autres constructeurs britanniques, la firme Sidecars Swallow sort durement éprouvée de la Seconde Guerre mondiale . Un changement d’identité est la première des priorités car les initiales "SS" sont devenues très difficiles à porter et donc pénalisent le business . Sir William Lyons l’entreprenant homme d’affaire propriétaire de la firme décide de rebaptiser sa marque de la nouvelle appellation « Jaguar », du nom de l’un de ses modèles de 1938 . Il va même tenter un pari vraiment audacieux en donnant le feu vert pour la réalisation d’un très prometteur 6 cylindres et la conception d’un roadster sportif . Premier moteur de grande série disposant d’un double arbre à cames, ce bloc XK fera la gloire et la fortune de " Jaguar " . Puissant et robuste, capable de supporter de multiples évolutions, il va donner naissance à toute une dynastie de 6 cylindres capables de briller sur la piste du Mans ou de flâner paisiblement sous le soleil californien ….



Dans les années 50, Jaguar n'avait pas d'intermédiaire entre la sportive XK120 et l'exclusive et imposante Mark VII . C’est en 1957, alors que la firme est à son apogée après cinq succès aux 24 Heures du Mans, que l’idée de greffer le moteur XK sous le capot d’une berline voit le jour à Coventry . Les choses sont ensuite rondement menées, et la Jaguar Mk II est dévoilée au Salon de Londres, en octobre 1959 et commercialisée l’année suivante . C’est une berline de taille moyenne construite de 1959 à 1967, très prisée en compétition qui a notamment remporté le Tour de France automobile de 1960 à 1963 aux mains de Bernard Consten . Sans rompre avec les lignes de son aînée, elle apporte des améliorations incontestables dans le dessin . La première amélioration porte dans la lunette arrière agrandie . Des vitres de custode sont aménagées si bien que le montant arrière se montre très réduit . A l'avant, la calandre est légèrement modifiée et les feux additionnels sont rapprochés de la grille d'aération . Des clignotants ronds viennent parfaire la géométrie de ce nez . Ces modifications approchent la perfection esthétique si bien que la Jaguar Mk II deviendra une référence pendant de longues années, au point que, trente ans après sa disparition, elle a marqué les esprits, c’est une véritable Vintage Classic ….



Adhérant à la maxime de Sir William Lyons à savoir « Grâce, Rythme et Espace », l’étonnante Jaguar Mk II est effectivement une superbe berline confortable et performante . Mais il ne faut pas oublier le côté technique . La direction assistée est suffisamment précise, les freins à disques sont efficaces, le différentiel autobloquant est précieux et la boite Moss est bien étagée avec l'agrément de l'overdrive sur le dernier rapport . L'essieu rigide et les ressorts semi-elliptiques arrière ne sont même pas un handicap, car la tenue de route est excellente . Héritant de solutions éprouvées en compétition (carrosserie monocoque, quatre freins à disque), elle se distingue par la pureté de ses lignes . Affinée par rapport à ses pataudes aînées (montants moins épais, surface vitrée agrandie), cette berline compacte réussit néanmoins à dégager une irrésistible impression de fluidité . La proue, incrustée de la classique calandre ovoïde, est un subtil cocktail de douceur et d’agressivité tandis que l’arrière fortement bombé est d’une irrésistible sensualité . L’insolite Jaguar Mk II est une véritable réussite esthétique indéniable ....



La Jaguar Mk II qui a longtemps été considérée comme la reine des berlines se devait de posséder un habitacle généreux et d’une finition irréprochable . La marque l’a donc dotée des meilleurs fleurons de la tradition britannique, la ronce de noyer verni, le cuir Connolly pleine peau, la moquette épaisse et confortable ainsi que le chrome . Un véritable cocon laissant filtrer, juste ce qu’il faut, le feulement rauque du 6 cylindres . L'habitacle de ce salon roulant offre un festival dont profitent tous les sens . Si le regard et le toucher sont comblés par les boiseries, l'odorat ne se trouve pas moins flatté par le parfum du cuir . Les jambes trouvent généreusement leur place à l'avant comme à l'arrière, et le confort est quasiment parfait tant les sièges sont profonds . Le capot plongeant de la Jaguar Mk II offre une excellente visibilité qui s'étend sur les côtés et vers l'arrière grâce aux vitres en arc de cercle et à la lunette panoramique . Le regard tombe droit sur le compte-tours et le tachymètre, alors que le tableau de bord central regroupe les cadrans de température d'eau et de pression d'huile, ainsi que la jauge d'essence et l'ampèremètre ....



Pour ce qui est de la motorisation, la Jaguar Mk II est donc équipée de ce merveilleux moteur XK, plein de couple dès les plus bas régimes et qui avale les côtes aussi bien qu'il laisse sur place à peu près tout ce qui roule à l'époque . Ce nouveau moteur de 6 cylindres en ligne provenant de la XK150 est désormais d’une cylindrée de 3,8 litres équipé d’une culasse à 12 soupapes et alimenté par trois carburateurs Solex . Animée par cette ultime évolution qui développe en version "civile" quelques 220 chevaux à 5500 tr/min pour un couple de 325 Nm à partir de 3000 tr/min, la belle est aussi une vraie sportive . En dépit d’un poids frisant les 1 400 kg, elle s’offre un 220 km/h en pointe et abat le 0 à 100 km/h en 8”6 . Quelle santé ! Bien peu de sportives pures et dures sont capables de tels exploits en 1960 . Des performances exceptionnelles mais parfaitement exploitables grâce à un comportement très sain et un freinage des plus efficaces . Cette sportive déguisée en berline fit longtemps référence dans sa catégorie et seules de grosses BMW ou Mercedes feront mieux à l’aube des années soixante-dix . Néanmoins, aucune d’entre elles ne possédera jamais cette indéfinissable "touch of class" qui a fait entrer la divine Jaguar Mk II dans le domaine de l’exception ....



Caractéristiques techniques :

  • Moteur : 6 en ligne
  • Cylindrée : 3.8 Litres
  • Puissance : 220 chevaux à 5500 tr/min
  • Couple : 325 Nm à partir de 3000 tr/min
  • Vitesse : 220 km/h
  • Accélération : Le 0 à 100 en 8’’6







La « Jaguar MK II », c'est ça ...



La « Jaguar MK II », c'est ça ...





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