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Les années 50 étaient une époque plus naïve et plus insouciante qu'aujourd'hui, où le monde n'avait pas encore vécu les catastrophes écologiques de Three-Mile-Island aux États-Unis, de Tchernobyl en Russie et plus prêt de nous le drame de Fukushima au Japon. En effet, avant que les risques de l'atome civil ne soient connus du grand public, plusieurs designers automobiles ont rêvé de voitures nucléaires qui n'auraient jamais besoin d'aller à la pompe et pouvant traverser des continents entiers d'un seul trait. Malheureusement on sait aujourd'hui que pour l'instant la technologie dont nous disposons ne nous permet pas encore de construire ce genre de super engin ….





Pourtant en 1958, les designers américains de Ford, dans l'optimisme ambiant des années d'après-guerre, quand la construction des premières centrales nucléaires faisait rêver d'une électricité propre, sûre et « trop bon marché pour que ça vaille la peine de mettre un compteur », comme avait déclaré un cadre du Département de l'Énergie avaient étudié un concept de voiture nucléaire, la Ford Nucléon. Aux États-Unis, cette voiture reste encore et toujours pour beaucoup l'un des symboles de la montée en puissance de l'énergie nucléaire dans les années 1950 ….





La Ford Nucléon a été présentée en 1958, quelques mois après la mise en réseau de la première centrale électrique nucléaire américaine, à Shippington, dans l'état de Pennsylvanie. À cette époque tout semblait possible et on pouvait lire dans des magazines de vulgarisation scientifique, comme Popular Mechanics ou Science et Vie, des articles prédisant hardiment des maisons pour tous chauffées et éclairées par de mini-centrales atomiques domestiques. La Ford Nucléon était un exercice de futurologie pour le constructeur Américain, mais cette voiture était quand même ancrée dans des développements technologiques réels et crédibles pour l'époque ....





Le groupe propulseur de la Ford Nucléon devait se distinguer de celui des véhicules de l'époque. En effet l'énergie nécessaire à sa propulsion ne devait pas provenir d'un moteur à explosion, mais d'un petit réacteur nucléaire situé à l'arrière du véhicule et alimenté par une petite capsule blindée contenant des éléments radioactifs. D'après les ingénieurs, ce mini noyau devait être aisément remplaçable, sa durée de vie dépendant de la vitesse de croisière ainsi que de la distance parcourue par la voiture. Ce système devait aussi permettre de modifier la puissance du véhicule à volonté en remplaçant la capsule par une autre mais de plus grande puissance ....





Les ingénieurs de Ford avaient imaginé un petit réacteur nucléaire fonctionnant, grosso modo, comme celui du premier sous-marin atomique équipant la marine américaine, le USS Nautilus. Dans le réacteur atomique S2W du Nautilus, la chaleur générée par la fission de l'uranium enrichi faisait bouillir de l'eau, dont la vapeur circulait à grande vitesse dans un circuit fermé et faisait tourner des turbines de propulsion, elles-mêmes faisant tourner l'hélice, dans le cas de la Ford Nucléon ces turbines feraient tourner les roues. Théoriquement, la Nucleon devait pouvoir parcourir 8000 km avec un cœur atomique de capacité moyenne. Une fois ce dernier épuisé, les ingénieurs pensaient que les conducteurs le rapporteraient dans une station spécialisée dans le recyclage pour pouvoir être rechargé, puis réutilisé ....





La pièce ronde à l'arrière de la Ford Nucléon, qui ressemble à une roue de secours, est en fait le petit réacteur atomique imaginé par les dessinateurs de Ford. La cabine très décalée devant les roues antérieures est ainsi placée pour éloigner les passagers de la source de radiation et pour compenser par effet de levier le poids important du moteur atomique. Les ingénieurs du géant de Détroit rêvaient d'un monde où les postes d'essence seraient obsolètes, ils envisageaient même des mini-réacteurs à l'uranium qui seraient changés chez le concessionnaire tous les 8000 km. En fait, les designers de Ford, attendaient que des versions miniatures des réacteurs de sous-marins deviennent disponibles et que des matériaux légers composites soient inventés comme écran de protection contre les radiations ....





Théoriquement, la Ford Nucléon aurait pu être dangereuse pour les utilisateurs et la population du fait des radiations, des réactions nucléaires et des déchets produits. En effet, on sait maintenant que des accidents nucléaires sont possibles et que les accidents de la route, même des collisions à basse vitesse, auraient créé des mini catastrophes automobiles à tous les coins de rue. L'auto nucléaire n'était qu'un rêve. Heureusement car on ne connaissait pas encore la minutie maniaque et le souci obsessionnel du détail qui ont permis aux diverses marines utilisant cette énergie atomique de n'avoir aucun accident nucléaire majeur en presque 60 ans ....





Finalement, la Ford Nucléon aura eu une importance historique pour des raisons autres que sa place dans l'histoire de l'automobile mondiale. Elle est en effet un symbole de l'espoir et de la fascination que suscitait l'énergie nucléaire durant les années 50. Elle a aussi eu une influence culturelle car Bob Gale, coscénariste du film Retour vers le futur, a dit que "la Nucléon est une des sources d'inspirations qui ont mené à la Delorean DMC 12 hyper-modifiée qu'on voit dans le film". Son moteur nucléaire ressemble à celui de la Nucléon et il est positionné au même endroit ....



Caractéristiques techniques :

  • Moteur : Nucléaire
  • Énergie : Uranium enrichi
  • Disposition : Arrière
  • Puissance : ?.?.?.



Sources : © Wikipédia - © Google Images - © YouTube - © Ford




La Ford Nucleon de 1958 ...



La Ford Nucleon de 1958 ...








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