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Vous l'aurez sans doute remarqué, de nombreux constructeurs composent leurs gammes de véhicules au gré de leurs alliances. Cette stratégie donne naissance à des voitures semblables d'une marque à l'autre. Le phénomène n'est certes pas nouveau et il existe même depuis très longtemps mais il est certain que de nos jours cela semble vraiment s'accentuer. Pour être plus précis, il est questions de "clones" ou de "cross-badging", car c'est ainsi que l'on appelle le fait de donner le badge ou le nom d'une autre marque à une voiture provenant d'un constructeur qui n'a rien à voir, soit au final deux voitures quasiment identiques avec deux marques différentes comme par exemple la Renault Dauphine et son clone Alfa Romeo Dauphine ....





Ce principe de clonage dans l'automobile est basé sur le système de plateforme qui permet de réduire les coûts de production et de rationaliser le développement d’un véhicule. Cette solution idéale n’est pas sans contrepartie gênante car les voitures ainsi produites se ressemblent immanquablement. Le concept de plateforme n’est pas nouveau, il s’agit en fait d’une base technique comprenant le châssis mais aussi certaines pièces non visibles, qui peut être adaptée à différents autres véhicules aux caractéristiques proches. Grâce à ce partage, il n’est pas nécessaire de tout repenser pour sortir un autre nouveau modèle, ce qui permet alors de réaliser des économies de production. En fait cette pratique nous prouve que l'on vit dans un monde automobile un peu trouble où les choses ne sont pas forcément celles que l'on croit et que en plus cela dure depuis longtemps. Déjà dans les années 50, la marque américaine qui produisait les coupés Kaiser Henry J avait rebadgé sa voiture en un modèle identique mais plus économique rebaptisée Sears allstate. De même la Chevrolet Chevelle produite aux États-Unis fut rebaptisée Acadian Canso tout en restant similaire mais pour être commercialisée sur le marché voisin au Canada ....





La célèbre firme Italienne Alfa Romeo a elle aussi largement utilisé ce système car en fait elle a aussi durant sa longue histoire signé des accords, accordé des licences, monté des filiales, engagé des partenariats ou lancé des coopérations avec d'autres marques. Par exemple, une de ses filiales Brésilienne FNM a produit dans les années 70 la berline Alfa Romeo 2300 qui était un clone de l'originale Alfa Romeo Alfetta. De même, suite à un accord avec le constructeur japonais Nissan dans les années 80, Alfa Romeo qui visait le marché des VW Golf, Fiat Ritmo ou Renault 11 a pu proposer rapidement un modèle compétitif face aux autres berlines compactes européennes, la petite Alfa Romeo Arna qui était un clone de la Nissan Cherry. On peut donc voir que le clonage marche dans les deux sens suivant les besoins ....





Les constructeurs britanniques du temps de leur splendeur n'ont pas échappé à la règle et ont eux aussi largement profité de ce système. Ainsi suite à un accord de licence, la marque Leyland South Africa dévoilait en 1971 la petite Austin Apache produite localement qui n'était qu'un clone très légèrement remanié de l'originale Triumph Dolomite. Mais cela va encore plus loin car British Motor Corporation s'implantait en Espagne via sa filiale Authi, qui produisait sur place des modèles Austin et Morris, afin de contourner le protectionnisme alors en vigueur dans ce pays. La petite Authi Victoria était le clone hispanique de l'originale Austin Apache, basée sur l'Austin 1300. On en arriverais donc à s'y perdre entre les marques et les modèles qui parfois sont toutes disponibles dans la même couleur de peinture ....





Le constructeur Japonais Toyota a lui aussi utilisé ce système conformément aux divers accords qu'il a passé avec d'autres marques étrangères à son pays. Suite à un "joint venture" entre la General Motors et Toyota, la Chevolet Prizm était une berline moyenne commercialisée sur le marché américain dans les années 2000. Il s'agissait en fait d'une version clone rebadgée de la Toyota Corolla contemporaine. Pour Toyota, ce genre d'accord ne se limite pas aux USA mais existe aussi pour l'Angleterre. En effet, la toute petite Toyota iQ s'est totalement clonée pour devenir la petite Aston Martin Cygnet chez cette marque qui n'avait cruellement pas de petite citadine dans son catalogue composé majoritairement de coupés sportifs ....





La marque Allemande Opel a aussi largement utilisé le clonage. Ainsi la berline Cadillac Catera n'était qu'une version clonée de l'originale Opel Omega allemande. Adaptée aux contraintes du marché américain, elle était importée depuis l'Europe et visait une clientèle plus jeune que celle des Cadillac traditionnelles. De même, du temps de sa splendeur, le groupe General Motors comptait jusqu'à treize marques automobiles et en fonction de la notoriété de chaque marque dans tel ou tel pays, le géant américain jouait avec les dénominations. Ainsi, la berline Opel Senator était vendue en Afrique du Sud clonée sous le même nom de Chevrolet Senator ....





Chez la firme du bavarois BMW, la pratique du clonage était sans doute un peu moins courante mais toutefois utilisée dans certain cas. Ainsi, la toute première automobile du constructeur Anglais Bristol, le coupé Bristol 400, présentée en1947 était en fait un clone directement dérivée des BMW 327 d'avant guerre dont elle reprenait d'ailleurs la célèbre calandre et utilisait un châssis et une carrosserie similaire. Au milieu des années 60, proche du dépôt de bilan, la marque Glas n'eut pas d'autre recours que de céder ses actifs à l'autre constructeur bavarois, BMW. Glas passait donc sous la tutelle de BMW et le joli coupé Glas 1600 devenait par la force des choses un clone rebaptisé BMW 1600 GT avec la calandre remaniée ....





Le groupe géant allemand Volkswagen AG est propriétaire à 100 % depuis 1990 de l'ancienne marque espagnole Seat anciennement détenue par Fiat. Audi qui fait aussi parti du groupe VW fourni donc logiquement des plateformes à Seat. Ainsi, la berline Seat Exeo constitue le haut de gamme de Seat qui pour proposer un modèle de ce type à moindre coût a simplement cloné l'ancienne version de la berline Audi A4. Mais précédemment, dans les années 70, sur le marché nord américain et aussi en Australie, la petite Audi 80 fut vendue légèrement clonée sous le nouveau nom de Audi Fox 4000, mise à part les phares les versions sont quasiment identiques ....





Sur le marché des 4 X 4 de type utilitaires ou même plus sophistiqués, le système du clonage a aussi sévit et ce pour plusieurs marques et dans plusieurs pays. Daihatsu par exemple ce constructeur automobile nippon qui fait partie du groupe Toyota a fourni dans les années 90 son 4 X 4 Daihatsu Rocky à l'italien Bertone qui l'a cloné pour le proposer à ses clients aisés dans une version beaucoup plus luxueuse qui est baptisée Bertone Freeclimber. De même, suite à un "joint venture" entre AvtoVAZ le constructeur des Lada, et la General Motors, le célèbre 4 x 4 soviétique plutôt rustique Lada Niva a été cloné par GM en une version plus luxueuse uniquement commercialisé en Russie et dans les pays voisins rebaptisée Chevrolet Niva ....





Les premiers accords industriels et commerciaux entre le japonais Mitsubishi et l'américain Chrysler datent du début des années 70. La berline Mitsubishi Galant a ainsi servie de base de clonage pour la construction de la berline Chrysler Sigma qui sera commercialisée sur le marché australien jusque dans les années 80. La Dodge Challenger est une sportive célèbre née aux Etats Unis en 1964 en même temps que sa concurrente la fameuse Ford Mustang. Le nom Challenger fut repris par Dodge dans les années 80 pour désigner sur le marché américain un clone à mécanique quatre cylindres alors uniquement diffusée en Europe, la Mitsubishi Sapporo ....





Sources : © Wikipédia - © Google Images - © YouTube - © CnetFrance



Les clones automobiles ...



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