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La Seconde Guerre Mondiale ayant eu des conséquences sur l'industrie automobile britannique, les raisons qui ont présidé à la création de la marque « Peerless » sont plutôt insolites et assez étonnantes . En effet au début, la société Peerless Cars Ltd établie à Slough dans le Berkshire en Angleterre et dirigée par Bernie Rodger qui construisait des voitures entre 1957 et 1960 fut déclarée en faillite en février 1960. Bernie Rodger ne pouvant pas se résoudre à abandonner cette voiture qui avait rencontré un certain succès décide donc de créer une nouvelle société au nom de Bernard Rodger Developments Limited à Colnbrook dans le Buckinghamshire pour améliorer l'ancienne Peerless, qui pour l'occasion devenait alors une Warwick ....





Ce petit coupé de sport britannique conçu par Bernie Rodger était donc initialement baptisé Peerless GT au moment où la production en série a commencé en 1957 pour le compte des créateurs d'entreprise John Gordon et James Byrnes. Les deux associés financiers avaient en fait calculé qu'il serait commercialement rentable de concevoir et de construire une petite GT sportive en petite série produite à faible coût et facilement exploitable pour les gentleman drivers argentés de l'époque. Afin de limiter les coûts de fabrication la voiture sera donc construite sur la base d'une mécanique de Triumph TR3 avec les mêmes trains de roulement dans un châssis cadre tubulaire avec un pont De Dion pour la transmission et suspension arrière ....





Tous les éléments mécaniques de cette Peerless GT sont emballés dans une élégante carrosserie et au début de l’année 1957, le coupé deux places est prêt à être testé. Les résultats dépassent leurs espoirs car l’auto atteint les 200 Km/h et franchit la barre des 100 en moins de 10 secondes. Fier de leur réalisation, ils pensent que puisque cette auto est belle et performante, autant la vendre. Ils décident donc de rajouter deux places à l’arrière et d’élargir l’habitacle puis finalement de la présenter au public en exclusivité au salon de l’automobile de Paris en 1957 ....





L’accueil de la Peerless GT y est plus que chaleureux. Les dirigeants de Triumph sont enthousiastes. Sitôt le salon terminé, la voiture file à l’usine Triumph pour être décortiquée et la marque décide de soutenir le projet. Triumph fournit aussi de nombreuses pièces mécaniques et d’accastillage à bas prix, la production des châssis et l’assemblage de la mécanique sont sous-traités chez un spécialiste du coin. Seule la carrosserie qui pose problème est produite par British Resin Products Company, voisine de palier elle aussi, qui apporte la solution avec une coque en plastique renforcé de fibre de verre. La société peut livrer des coques montées pour un coût tout à fait raccord avec le cahier des charges en moins de dix jours ....





Les lignes de la Peerless GT sont superbes, plutôt basse, bien équilibrée, elle intègre parfaitement la mode des ailerons et le toit de 2+2 des sportives anglaises. A l’intérieur, l’ergonomie est reprise de celle de TR3, qui était dans la bonne moyenne pour l’époque. La sellerie en vinyle présente un assez bel aspect. John Gordon fera ajouter des leviers de vitre en provenance de Rolls Royce qui avec un quart de tour suffisent à monter ou à baisser la fenêtre. Finalement, en Mai 1958, la première Peerless GT en résine sort des chaînes pour être directement inscrite aux 24 Heures du Mans ou elle finira 16eme sous une pluie battante. Cet événement va enfoncer le clou et dorénavant la voiture possède une notoriété folle. Les journaux l’encensent, la qualifiant de Family Sport Car simple et très facile à entretenir ....





Les prévisions de vente de la Peerless GT sont de 1500 autos par an. Seulement, l’usine n’arrive pas à suivre car les commandes affluent et les délais s’allongent. Finalement la marque mère, aux USA qui est plus que mal en point doit déposer le bilan, retirant au passage à Peerless Cars UK le droit d’utiliser ce nom. Comme en Angleterre, l’argent ne rentre pas autant que prévu, les deux compères restant décident de se dissocier de la marque américaine mettant fin à l’aventure de la Peerlees GT après une production totale de 300 véhicules. Ne souhaitant cependant pas perdre les investissements réalisés, Jimmy et Bernie revoient légèrement leur copie en équipant la Peerless d’un capot basculant d’une pièce, d’un châssis et d’une coque renforcés. Ils lancent ainsi la nouvelle version Warwick GT en 1960 ....





La phase 2 Warwick GT sera moulée en une seule partie, la rendant à la fois bien plus rigide et plus légère. Au passage, les phares reculent dans leur logement, la calandre abandonne le P de Peerless, les fixations des ouvrant changent légèrement et des buttoirs sont ajoutés aux portes. C'est maintenant une des toutes premières véritables Grand Tourisme, qui offre quatre places, une bonne tenue de route, avec une performance et un « look » de voiture de sport. Sur la route, elle assure maintenant à la fois un comportement neutre à la limite, tout en présentant un intérieur confortable avec dorénavant des sièges en cuir et une instrumentation complète. Reconnue comme assez bruyante, elle est aussi qualifiée de performante sur le plan de l’accélération et du freinage, au final une vraie GT britannique ....





Pour ce qui est de la mécanique, la petite Peerless GT etait équipée dans sa version phase 1 du même moteur que la Triumph TR3, un quatre cylindre atmosphérique de 2 litres de cylindrée qui développe une puissance de 110 chevaux à 5500 tr/mn. Après le changement de nom de Perless GT à Warwick GT, la phase 2 sera aussi proposée avec une mécanique plus ambitieuse, un 3.5 litres de cylindrée ou 305GT en alliage léger, le moteur V8 Buick qui sera ensuite aussi repris par Rover et qui développait une puissance de 165 chevaux à 5600 tr/mn. Mais malgré tous ces efforts, le répit ne sera que de courte durée car Warwick mettra à son tour la clé sous la porte en 1962 après une production de 40 exemplaires seulement ....


Caractéristiques techniques :

  • Énergie : Essence
  • Moteur : 4 cylindres ou V8
  • Disposition : Avant
  • Cylindrée : 1991 cm3 ou 3500 cm3
  • Puissance : 110 ch à 5000 tr/min ou 165 à 5600 tr/mn
  • Transmission : Boite manuelle à 4 vitesses ou automatique



Sources : © Wikipédia - © Google Images - © YouTube - © AutoReverse




La Peerless Warwick GT ...



La Peerless Warwick GT ...






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