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Retromania est un ancien magazine généraliste mensuel consacré à l’automobile créé en 1994 et édité par la " S.A.R.L Les Amis de l'Auto ". Cette revue était gérée par Jean-Louis Baril, et avec comme chef de rubrique Bruno Poirier. La devise du magazine est " Un nouveau regard sur la voiture ancienne ", vaste programme ....


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En fait dès le début, les ambitions du magazine Retromania étaient clairement dévoilées dans son tout premier numéro ci-dessous, " Un nouveau journal pour tous les amateurs de voitures de collection, sans esprit de chapelle et sans exclusive. Ceux qui les amassent, et ceux qui en changent tous les ans. Ceux qui les bichonnent, et ceux qui n'aiment pas lever le capot. Côté voiture, un faible pour les "populaires" des années 50 aux années 70. Celles qui donnent du plaisir pour pas cher. Celles que l'on fait rouler et non celles qu'on enferme " ....





Ce premier numéro du magazine Retromania va donc sortir en Mai 1994 sous la responsabilité de Jean Louis Baril. Ce premier numéro qui compte 32 pages est imprimé au format journal 285 x 420 contrairement à d'autres publications contemporaines plus luxueuses consacrées aux voitures anciennes qui sont proche ou au format A4, mais ce nouveau mensuel adopte une présentation type journal au format plié fermé 210 x 285 dont les pages sont reliées par de simples agrafes ....





Plutôt économique à l'achat en comparaison à ses concurrents de l'époque, le magazine Retromania n'est imprimé à ces débuts qu'en seulement trois couleurs, le blanc pour le papier, le noir pour les textes et les photos et le rouge pour les titres, les cadres et les aplats. Si l'on considère l'époque, l'esprit de ce mensuel présentait déjà beaucoup de similitudes avec ce que propose de nos jours quelques revues de voitures anciennes, les fameuses "Youngtimers" des années 70 à 90. Depuis le début de Retromania magazine, le style d'écriture adopté par la rédaction est assez inhabituel, plutôt moderne et aéré. Les rédacteurs " racontent " les voitures plus qu'ils ne les présentent ou les jugent. Ainsi tout est commenté, le positionnement de l'auto dans l'histoire de la marque, dans la gamme, les designers qui les ont dessinées, le processus d'industrialisation, la concurrence de chaque modèle, les développements prévus, le statut de voiture de collection, etc ....





Le magazine Retromania peut se prévaloir d'une grande richesse iconographique, même si les documents d'époque ne sont pas vraiment mis en valeur avec des photos noir et blanc imprimées sur un simple papier journal. Pour autant, la compétition n'est pas oubliée, avec des sujets sur la Formule1, les pilotes, l'endurance et les rallyes. Au fil des numéros, parallèlement aux aspects pratiques liés aux automobiles anciennes, Rétromania va aussi proposer des articles à vocation plus historique. De grandes signatures font au fil du temps leur apparition comme André Costa, membre fondateur de l'Auto Journal en 1949, puis directeur et rédacteur en chef ....





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Dès le numéro 30, le magazine Retromania est revu dans sa forme en adoptant une nouvelle maquette et une nouvelle "Une". Cette légère évolution coïncide avec l'arrivée de Patrice Vergès, un journaliste et collectionneur passionné qui inaugure sa toute première rubrique baptisée " Les étonnantes histoires de l'oncle Pat " dans lesquelles il aborde divers sujets automobiles, sous un aspect décalé différent ....





Dès le numéro 34, le mensuel Retromania va se transformer en un véritable magazine en adoptant un papier de qualité supérieure et le format 210 x 297 sur 64 pages. Il est également maintenant diffusé en Suisse et en Belgique. A partir du numéro 40, le magazine abandonne le noir et blanc et adopte définitivement la couleur, même dans ses pages intérieures. Cette nouvelle présentation permet de mieux mettre en valeur les reproductions des documents d'époque et des photos, c'est bien sur une tentative de recherche de la formule idéale qui doit permettre d'attirer plus de lecteurs. De nouvelles signatures comme Pascal Meurant, Dimitri Urbain, Bernard Vermeylen, Yann le Lay, Dominique Pagneux, apparaissent au bas des articles et s'installent durablement pour constituer la force de frappe ....





Dans le numéro 68, Jean Louis Baril annonce à ses lecteurs son départ en retraite. Il passe la main à Gilles Stievenart, qui dirige notamment les Editions Valerycaine's dont dépendra désormais Retromania. Stievenart va faire venir d'autres rédacteurs plus ou moins célèbres comme François Allain, Didier Laine, Julien Lombard, Gérard Cayeux, Jacques Pottier, Marc Joly, Yves Gallet, Christian Moity, ou Adrien Cahuzac. Cette nouvelle rédaction et ses nouveaux auteurs donne à la revue une réelle densité et une saveur bien particulière, inconnue par ailleurs, avec des sujets comme en n'en voit pas dans d'autres publications, écrits avec sérieux par des rédacteurs compétents et reconnus, le tout durant de nombreuses années ....





Jamais une publication sur l'automobile ancienne ne semble avoir réuni autant de talents que Retromania magazine. Mais les positions sont difficiles à acquérir et à conserver sur le marché de la presse automobile consacrée aux voitures anciennes. Le modèle économique est fragile, et Rétromania n'échappe pas à ces contraintes. La rédaction propose une nouvelle formule pour ses numéros 133 et 134 dans l'espoir de relancer le magazine. Toujours est-il que ce numéro 134 est le dernier d'une série qui a perduré pendant douze ans. Depuis, la formule n'a été reprise par aucun éditeur. Aucun autre titre ne semble avoir attiré les talents de cette génération d'historien de l'automobile. Les magazines actuels sur l'automobile ancienne sont parfois étouffants, car ils reviennent à l'infini sur des sujets mille fois étudiés et la forme prend trop souvent le pas sur le fond, qui manque vraiment d'épaisseur ....


Sources : © - Wikipédia © - Google Images © - Retromania © - Carcatalog






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