Le britannique « Bernie Ecclestone
», le grand argentier de la F1 est décidément un homme plein de ressources .
Ancien pilote, il arrête très tôt sa carrière en Formule 1 et se reconverti
dans l’immobilier ou il y fait fortune . Mais très vite, une fois le magot
amassé, notre businessman averti, sans doute tenaillé par le démon de la
compétition fait son retour en F1 en rachetant l’écurie
Brabham dans les années 70 pour la mener au titre mondial en
1981 et 1983 avec pour pilote Nelson Piquet (le père, pas le
playboy de l’affaire Renault). Pour bâtir son empire, il a l'idée de génie de
fédèrer les principales écuries au sein de la FOCA (Formula
One Constructors Association) à la tête de laquelle il développe les aspects
commerciaux (accords avec les organisateurs de Grand Prix, négociation des
droits de télévision, les droits à l’image, le merchandising, etc …). En 1987,
il revend Brabham et crée la FOPA (Formula One Promotions and
Administration), qui gère les droits promotionnels sur les Grands Prix . Au
début des années 2000, il à fini par révolutionner grâce à ses fédérations
l'univers de la F1, en faisant un véritable business planétaire . Il y a gagné
autant d'amis que d'ennemis, et a amassé grâce à ses activités une fortune
considérée par les magazines spécialisés comme la sixième d’Angleterre . Il est
aussi depuis quelques années le président de sa dernière structure la
FOM (Formula One Management) qui comme son nom l’indique lui
permet de mieux manager tout le "bouzin", vous voyez le genre ….

Notre cher Bernie
Ecclestone est passé maître dans l’art de prendre à contrepied la
majorité du microcosme de la Formule 1. Jamais à court d’idées quand il s’agit
du business, il se lance dans des interviews et des déclarations à la presse
des plus médiatiques ou il propose des règlements en rupture avec la dernière
charte en vigueur . Il lance des hypothèses de travail qu’il qualifie
volontiers de pionnières et novatrices qui font invariablement tiquer
l’establishment à majorité britannique. Sa dernière percée médiatique s’est
faite en marge de la présentation de l'écurie Ferrari à Madonna di Campiglio à
l'agence allemande SID . Pas trop content du nombre de dépassements qu'il peut
y avoir au cours d'un Grand Prix, le Britannique pense avoir trouvé la solution
et a donc proposé une nouvelle mesure pour favoriser les dépassements . Il a
déclaré, je cite : « J'ai déjà fait beaucoup de
propositions pour trouver des solutions en matière de dépassement, mais jusque
là en vain . Cela serait plus simple si sur chaque circuit, il y avait un
raccourci que chaque pilote pourrait emprunter cinq fois par course . Ainsi,
personne ne serait plus coincé derrière une auto plus lente et cela serait très
bien pour le show et pour la télévision . J'ai poussé les équipes dans ce sens
parce que les efforts pour rendre les dépassements plus nombreux sont vains
pour le moment . Je pense qu'il sera très facile de construire sur chaque
circuit une portion de piste qui permettrait de gagner du temps, afin de
pouvoir dépasser (un raccourci si vous voulez), que chacun des pilotes pourrait
utiliser cinq fois par course . Ainsi, il ne resterait plus bloqué derrière un
retardataire trop longtemps . Ce serait bon pour le show, bon pour la télé et
bon pour les commentateurs qui pourront parler de la stratégie des pilotes et
de combien de raccourcis ils disposent encore . J’essaie toujours de pousser
les écuries avec un certain nombre d’idées nouvelles . »
….
Merci "Bernie" pour cette brillante idée qui ne semble pourtant pas avoir
séduit les organisateurs de GP ni les directeurs d'écuries, elle existe déjà
dans d'autres disciplines comme par exemple le rallye-cross ou il existe un
'tour joker' que les concurrents doivent emprunter obligatoirement à une
reprise pendant la course . Les pilotes le choisissent lorsqu'ils estiment que
cela est le plus rentable pour eux . Cette nouvelle "Bernidée" fait
déjà grincer les dents principalement en raison de son coût car ceci imposerait
un aménagement technique assez colossal des circuits accueillant la Formule 1 .
Bernie Ecclestone n'a pas encore chiffré ces éventuelles transformations mais
celles-ci pourraient assurément atteindre des sommets . Et qu’est-ce qu’on fait
pour les circuits en ville genre Melbourne,
Singapour ou Valence ? Et à
Monaco le raccourci on le construit sur l’eau du port ou on
dynamite une dizaine d’immeubles ? En plus, pour les pilotes qui mettent
de la mauvaise volonté à se laisser doubler, le raccourci avec passage obligé
par la voie des stands sous contrôle de vitesse, çà existait pas déjà ou je
rêve ? ….

Pour autant Bernie
Ecclestone, bien connu pour sa passion pour les affaires et la
dédramatisation de gros scandales dont son sport fait l'objet, sait toujours
s'amuser avec le recul de situations embarrassantes . Il manie l’humour et
l’auto dérision aussi bien que les affaires . Ainsi, cette année, sa carte de
vœux met en scène les patrons d'équipes de F1 sur un dock, saluant le départ de
trois figures incontournables du paddock : Mario Theissen (BMW), John
Howett (Toyota), dont les équipes se retirent, et l'ex Président de la FIA Max
Mosley, remplacé par Jean Todt, sourire aux lèvres sur le quai . Au milieu des
requins qui tournent autour du bateau mettant le large, on découvre Flavio
Briatore bien déterminé arme son lance-roquette avec un drapeau pirate sur son
embarcation qui met en joue, Max Mosley, qui a obtenu sa tête avec la FIA suite
au scandale du crashgate de Singapour 2008 . Les autres patrons d'écurie
saluent les partants, tandis que Bernie patiente au fond d'une plage que nous
ne connaissons pas, puisqu'elle semble accueillir un de ses futur Grand Prix,
comme en témoigne l'arrière-plan ! Avouez que cet anglais pur jus ne
manque pas d’un certain humour (sans doute anglais lui aussi).
Au nom de "Bernie" donc, Bonne Année à tous ….
Bernie Ecclestone c'est aussi ça ....
