MASERATI KHAMSIN
….


Entre le premier et le second choc pétrolier, les temps sont durs pour
l’industrie de l’automobile et encore plus durs pour les officines Italiennes
qui fabriquent des voitures de sport . Ferruccio
Lamborghini s'est retiré dans ses vignobles de Lambrusco, laissant
sa firme en banqueroute, tandis que l'avisé Enzo Ferrari, le
voisin de Modène s'est mis à l'abri des turbulences en vendant sa maison au
géant Fiat . En quête de sérénité, « Maserati » s'acoquine avec un
protecteur contre-nature, le Français Citroën . Les gens du
quai de Javel vont d'ailleurs s'inviter techniquement dans la conception des
modèles suivants Bora et Merak . C'est en raison du fort mécontentement de la
clientèle concernant ces modèles que la direction italienne de
"Maserati"
arriva à convaincre Citroën qu'une voiture GT ne peut se contenter des à peu
près de la marque aux chevrons ….

La toute nouvelle Maserati
Khamsin est le résultat de cette reprise en main technique de la
marque . Cette GT fabriquée par Maserati de 1974 à 1982, dont le nom est celui
d'un vent chaud et violent qui souffle dans le désert d'Égypte, fut présentée
pour la première fois au Salon de Paris en octobre 1973 . La Khamsin est un pur
coupé 2+2 GT dont le dessin est dû au crayon de Marcello Gandini
alors chef de projet chez le maître carrossier Bertone avec
des finitions très luxueuses où l'on trouve en série la climatisation, un
habillage complet en cuir et la radio, le summum pour l'époque . Pour corriger
la voie prise par Citroën, la Khamsin revient au concept traditionnel de la GT
à moteur avant après le lancement des Bora et Merak à moteur central arrière .
L' Ingénieur Giulio Alfieri (à
l'origine du V12 Lamborghini encore utilisé sur la Murcielago) donne naissance
à un nouveau châssis composé d’une plate-forme caissonnée ultra rigide, doté
d'un faux châssis arrière tubulaire monté sur silent-blocks, qui intègre la
suspension arrière à roues indépendantes et 4 amortisseurs, ainsi que le
différentiel . L’ensemble est beaucoup plus moderne et enfin digne d’une GT de
la marque ….

La carrosserie très effilée de la Maserati Khamsin,
conçue par Bertone, comportait de très importantes surfaces
vitrées dont la jupe arrière, elle aussi vitrée, qui incorporait les feux
arrières . Elle reposait sur le châssis tubulaire mis au point pour la Maserati
Indy dont elle reprenait aussi l'empattement . Outre ses lignes épurées et
cunéiformes propres au wedge design, la ligne magnifique de Marcello
Gandini présente plusieurs caractères originaux, dont l’ouverture de
prises d’air asymétriques sur le capot . Quant à la poupe taillée
verticalement, elle est traversée d’une large baie vitrée qui conjugue
élégance, visibilité et sécurité . Dégageant l’espace arrière, la roue de
secours prend place à l’avant de la voiture sous le radiateur . Au rayon
design, l'ambition affichée est de rééditer le hold-up de 1966, quand la Ghibli
avait ramené au rang de Fiat profilées les berlinettes Ferrari, en taillant
leurs rondeurs à coup de rasoir . Au final, l’insolite Maserati
Khamsin arbore un look différent mais très accrocheur qui va
plaire ....

Plus prosaïquement, la Maserati Khamsin
doit ses proportions ramassées sur l'arrière et son interminable capot à son
architecture technique, mais Gandini a su les exploiter à merveille pour créer
ce superbe profil atypique . En effet, la caractéristique essentielle qui
donnera sa personnalité esthétique à la Khamsin, c’est son moteur qui est
notablement reculé derrière l'essieu avant, et la roue de secours qui vient se
loger dans le museau de la voiture pour une répartition idéale du poids . Elle
offre une meilleure tenue de route bien aidé par une suspension arrière
indépendante par bras triangulés . De plus, elle est équipée en série d’une
direction à assistance variable d’origine Citroën, ainsi que les freins
assistés (circuit à haute pression) du Quai de Javel . Malgré ses excellentes
qualités, la fiabilité maison enfin retrouvée et ses très bonnes performances
routières, la magnifique Maserati
Khamsin sera très pénalisée par le premier choc pétrolier de 1973.
Sa consommation moyenne était de 17,5 litres d'essence aux 100 km . A cela
s'ajoutèrent les difficultés financières de Citroën, qui après avoir vendu tout
ce qu'elle a pu de Maserati, en déposera le bilan en 1975 ....

Pour la partie mécanique de l’étonnante Maserati Khamsin,
la firme a repris son fameux moteur V8 à quatre arbres à cames en tête de 4.930
cm3 développant 320 chevaux à seulement 5500 t/mn . Même si Citroën voudra
maintenir certaines de ses solutions techniques comme la direction à assistance
variable ou l'embrayage hydraulique, ces composants seront tous fiabilisés par
les ingénieurs Maserati . La transmission était disponible au choix avec une
boîte de vitesses manuelle ZF à 5 rapports ou une boîte automatique Borg-Warner
. Avec un poids total assez maitrisé d’environ 1600 kg, la voiture ainsi
motorisé marche comme un avion . Ce légendaire V8, coupleux et rageur à la
fois, catapulte l'auto à 280 km/h et expédie le 0 à 100 km/h en 6 secondes .
Finalement c’était une Gran Turismo italienne qui avale la strada avec une
aisance et une compétence de berline allemande . La production totale s'est
arrêtée après seulement 435 exemplaires ce qui en fait une pièce rare dans la
catégorie des Vintage Classic ....

Caractéristiques techniques :
- Moteur : V8
- Cylindrée : 5.0 Litres
- Puissance : 320 chevaux à 5500 t/mn
- Couple : 450 Nm à 5500 t/mn
- Vitesse : 282 km/h
- Accélération : Le 0 à 100 en 6’’0

La « Maserati Khamsin », c'est ça ...
La « Maserati Khamsin », c'est ça ...








