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mercredi 8 février 2012

Saab Sonett II - 1965



SAAB SONETT II ….







Pendant la première guerre mondiale en 1937, la firme suédoise « SAAB » est fondée pour participer à l’effort de guerre en construisant des avions militaires . Les responsables de l’époque avaient déjà décidé qu’une fois la guerre finie, ils construiraient des automobiles . Les voitures « Saab » sont avec les Volvo les seules fabriquées dans la péninsule scandinave et bien que créées comme voitures utilitaires, elles ont fortement contribué à augmenter la suprématie technologique et le prestige de la qualité suédoise . Dans les années 60, la firme va même se bâtir un solide palmarès en compétition automobile avec la 96 Sport . En 1968, la marque fusionne avec Scania le leader du véhicule industriel en Suède et ce n’est qu’en 1972 que « Saab » propose son premier moteur maison après les Ford et Triumph ….



La Saab Sonett est le nom d'un modèle automobile de sport à deux places, décliné en plusieurs versions au fil des années par le constructeur suédois . La Sonett I fut tout d'abord baptisée Saab 94, tandis que les Sonett II et III sont connues sous le nom de code Saab 97 . La Sonett doit son existence à l’initiative d’un ingénieur passionné, Rolf Melde . La direction de Saab n’étant pas intéressée par son projet, celui d’une petite voiture de sport à deux places, il commence à travailler en janvier 1955, avec plusieurs collègues, dans une grange située à soixante kilomètres de Trollhättan . Le chantier est mené dans la plus grande discrétion et pour l’essentiel sur le temps de loisirs . Une petite équipe restreinte à seulement quelques personnes travaillait pendant son temps libre au projet sur cette voiture dont le nom provient du suédois « så nätt den är » (qu'elle est belle !), une exclamation que Rolf Melde exprimait souvent pendant le développement du modèle . Sa production démarra dès 1966, après quelques modifications, dans les ateliers ASJ à Arlöv en tant que Saab Sonett . D'abord à 28 unités la même année, puis à 230 exemplaires en 1967 ….



Plutôt que d’utiliser un châssis tubulaire pour la Saab Sonett, Rolf Melde dessine un caisson constitué d’éléments rivetés et réalisé en alliage léger ultra léger qui ne dépasse pas 70 kilos . Il est habillé d’une carrosserie en matière plastique renforcée de fibre de verre, bien que personne chez Saab n’ait la moindre expérience de cette nouvelle technique en provenance des Etats-Unis . Le matériau est d’ailleurs importé d’outre-Atlantique, où vient d’être présentée la Corvette équipée d’une carrosserie ainsi fabriquée . C’est un petit Roadster ultra léger (500 kilos) et de petit gabarit (3,5 mètres de long) . Révélée en avant première au salon de Stockholm, la voiture y fait sensation . Les essais de mise au point démarrent rapidement et la Sonett reçoit alors momentanément l’appellation de Saab 94, puis elle fait le voyage des Etats-Unis où elle est exposée comme show car . Saab décide alors de construire cinq nouveaux exemplaires, qui seront réalisés très rapidement . Toutefois, l’alliage léger du châssis cède la place à l’acier et la boîte de vitesses bénéficie de quatre rapports . Finalement la firme planifie une construction en série de la Saab Sonett chez Jensen, en Angleterre où sera montée plus tard la Volvo P 1800 ....



La Saab Sonett II est née de l’imagination d’un styliste suédois, Björn Karlström, qui l’a conçue en 1964 . Baptisé MFI-13, le premier prototype est construit l’année suivante . Dévoilée au salon de Genève 1966, la voiture (devenue Saab 97) a pour objectif de valoriser l’image de Saab aux Etats-Unis tout en élargissant la gamme du constructeur . Il s’agit cette fois d’un coupé et non plus d’un roadster, dont la carrosserie est toujours réalisée en fibre de verre . Comme le prototype Sonett I, la Saab Sonett II avait une carrosserie en fibre de verre corps boulonnée sur un châssis de type caisson avec un roll-bar ajouté pour soutenir le toit en dur . L'ensemble du capot avant était articulé pour permettre un accès facile à la suspension, au moteur et à la transmission à l'avant . Conçue comme une voiture de course, l'étonnante Saab Sonett II a participé avec succès contre d'autres petits roadsters européens tels que l'Austin Healey, la Sprite, la Spitfire ou la Triumph à plusieurs courses ....



Sous le capot de la Saab Sonett II prend place le trois cylindres de la Saab Monte Carlo, un 841 cm3, qui, avec l’appoint de trois carburateurs Solex de 40 mm, développe 60 chevaux à 5200 tr/mn . Ne pesant que 740 kilos, la voiture roule à 165 km/h et parcourt le 0 à 100 km/h en 12,5 secondes . La production démarre en 1966, année au cours de laquelle 28 exemplaires seulement seront construits . En 1967, le moteur deux temps cède la place au V4 Ford de 1,5 litre et 65 chevaux . Devenu Sonett V4, le coupé est reconnaissable à son capot bombé . Il sera entièrement redessiné en 1970 dans un style nettement plus harmonieux, après que Saab a confié la voiture à un designer italien, Sergio Coggiola . Baptisée Sonett III, cette ultime évolution verra le V4 porté à 1,7 litre en 1971 mais la puissance reste identique . La voiture sera ainsi produite jusqu’en 1974 et au total, les Sonett II, V4 et III ont été construites à 10 219 exemplaires ....




Caractéristiques techniques :

  • Moteur : V4
  • Cylindrée : 1.5 Litres
  • Puissance : 65 chevaux à 5200 tr/mn
  • Vitesse : 165 km/h
  • Accélération : Le 0 à 100 en 12’’5






La « Saab Sonett II », c'est ça ...



La « Saab Sonett II », c'est ça ...





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lundi 6 février 2012

AMC SC/Rambler - 1969



AMC RAMBLER SC ….







« Américan Motors Corporation » est une firme de construction automobile américaine qui voit le jour en 1954 suite à la fusion de la "Nash-Kelvinator" avec la "Hudson Motor Car" . Ces deux compagnies en s’alliant regroupaient en fait les marques Nash, Rambler, Hudson, Mitchell, et Lafayette auxquelles elles ajouteront dans les années 70 deux autres marques AMX et Jeep . Une grande partie du succès de « AMC » provient du fait qu’elle soit quasiment la seule marque américaine à s’être attaqué au créneau de la petite voiture compacte économique avec la Rambler ou la Gremlin, un genre de petite Volkswagen américaine en quelque sorte . Le côté sportif ne sera pas négligé avec des modèles dédiés comme la Javelin ou l’AMX ….



En 1966, American Motors abandonne le nom Rambler utilisé comme marque mais pas comme série . À ce moment, on retrouve donc, au bas de l’échelle, les modèles Rambler suivie de la Marlin et enfin de l’Ambassador . La série qui nous intéresse aujourd’hui, la Rambler, se divise en deux sous-séries, l’American (220 et 440) et la Classic (550, 770 et Rebel) . L’American se situe donc au bas de l’échelle, ce qui ne l’empêchait de se décliner en versions berline, coupé, familiale et cabriolet . Sous sa carrosserie, la Rambler American cache un châssis monocoque, une solution pratiquement inédite au milieu des années 60 . AMC fut d’ailleurs l’un de premiers manufacturier américain à utiliser ce type de châssis . La Rambler est dans tous les cas adoptée par un public conquis, sa ligne est simple avec ses chromes disséminés avec parcimonie, les phares ronds et la calandre font de l’avant l’attrait majeur du bolide . En 1960, les Ramblers vont même déloger de la troisième place les Plymouths, chose incroyable aux vues des budgets alloués aux promotions des grosses marques américaines qui se chiffrent en millions . Le logo Ambassador qui figure d’ailleurs sur la calandre de la Rambler a été choisi avec prémonition, il reflète justement la grandeur de la marque, car le milliard de dollars de ventes est dépassé ….



Au milieu des années 60, Le Président, Roy Abernethy, réalisa que la Ambassador n’avait obtenu qu’un succès mitigé en tant que Rambler endimanchée . Il subodorait qu’elle devait devenir plus imposante et occuper une gamme supérieure du marché, si elle voulait survivre . Dick Teague, responsable du studio de dessin de la compagnie, se vit confier la mission d’allonger l’empattement à 116 pouces et de lui donner un dessin différent de celui de la Classic . Par la même occasion, il fut aussi chargé d’étudier un modèle sportif qui devait concurrencer les modèles similaires que commençaient à proposer les autres marques sur le marché . L’arrivée d’une nouvelle compacte sportive, avec un vieux nom, soit la Rambler Rebel, avec ses sièges baquets, son prix de base contenu, son look extravagant et très coloré et son moteur V-8 plus puissant, ont permis de relever le niveau des ventes . A partir de 1969, la firme va même s’adjoindre les services de Hurst Performance pour mettre au point une tueuse de muscle cars baptisée Rambler SC homologuée en compétition dans la classe F de la National Hot Rod Association (NHRA) ....



L’étonnante Rambler SC est rapidement devenue l'une des voitures les plus puissantes de son temps et surtout proposée à un tarif défiant toute concurrence . Chaque Rambler SC Hurst outre le fait d’être équipée d’un moteur puissant, été aussi dotée d’une transmission manuelle à quatre vitesses (avec levier de vitesses Hurst), un différentiel à glissement limité, d’un d'échappement double avec le "glasspacks", de puissants freins à disques et d’une barre stabilisatrice, ainsi que d’un pont renforcé et d’éléments de carrosserie spécifiques . Les passages de roues étaient agrandis à l’avant comme à l’arrière pour permettre une monte en pneumatique plus généreuse . Disponible uniquement en deux portes avec hard-top, l'intérieur était en gris standard de vinyle rembourré avec des sièges baquets à dossier inclinable et appuie-tête . Un tachymètre était attaché à la colonne de direction . A l'extérieur, on trouvait la plus sauvage des décoration de peinture usine jamais proposée sur un muscle car . La carrosserie comportait aussi une écope de capot en forme de boîte avec des lettrages "390 CU. IN" et "AIR" en grosses lettres sur les deux faces de celui-ci . Si quelqu'un manquée de les voir, une flèche bleue sur le capot pointait vers l'admission d'air . Pour finir, la Rambler SC était disponible en seulement une couleur blanche et deux types de décorations, le rouge et le bleu ....



Pour ce qui est de la mécanique, l’insolite Rambler SC était équipée d’un gros bloc V8 à 16 soupapes d’une cylindrée de 6392 cm³ avec une distribution OHV qui développait une puissance de 315 chevaux et un couple de 576 Nm . Présentée officiellement pour la première fois en Mars 1969, au 61° Salon auto de Chicago, la très Vintage Classic SC se vendra à environ 1510 exemplaires seulement ce qui en fait un modèle vraiment rare . De nos jours, cette surprenante Rambler SC est donc un modèle exclusif et très prisé des collectionneurs de voitures sportives anciennes qui sont toujours à l’affut d’un modèle de ce genre assez inédit et vraiment très tape à l’œil ....




Caractéristiques techniques :

  • Moteur : V8
  • Cylindrée : 6.3 Litres
  • Puissance : 315 chevaux
  • Couple : 576 Nm à 5500 t/mn
  • Vitesse : 190 km/h






La « Rambler SC », c'est ça ...



La « Rambler SC », c'est ça ...





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samedi 4 février 2012

Rover P6 3500 S - 1970



ROVER P6 3500 S ….







L'entreprise a été fondée par James Starley et Josiah Turner en 1877 à Coventry au Royaume-Uni . L’activité commence par la construction de machines à coudre puis de bicyclettes à partir de 1869 . En 1888, Starley construisit une voiture électrique, mais sa production ne fut jamais lancée . Trois ans après le décès de Starley en 1901, elle commença à construire des automobiles sous la marque « Rover » avec le coupé Rover 8 . La production cessa en 1924 pour reprendre en 1947 pour la Land Rover . En 1967 Rover fusionne avec la Leyland Motor Company (British Motor Corporation) pour devenir British Leyland dont les difficultés de qualité de fabrication des années 1970 ruina les qualités intrinsèques des voitures . Au début des années 1980, l'usine de Solihull fut utilisée seulement pour la fabrication des Land Rover tandis que le reste de la gamme était produit dans les usines anciennement Austin et Morris de respectivement Longbridge et Cowley en Angleterre avec des moteurs Honda . Finalement, British Leyland fut renommé Rover Group et en 1994, BMW prit le contrôle de la société et développa la Rover 75, qui sortit en 1998 ….



La Rover P6 est un modèle de type berline produite par la marque Rover de 1963 à 1977 à Solihull en Angleterre qui a été élue Voiture Européenne de l'Année en 1964 . Trois série verront le jour baptisées 2000 puis 2200 et enfin 3500 en référence aux divers moteurs qui l’équiperont . C’est donc en Octobre 1963 que la P6 apparaît pour concurrencer principalement la Triumph 2000 sur le marché britannique . La P6 succède à la P5 qui a donné naissance à un des premiers coupés 4 portes du marché, bien avant que les allemands n’inventent le concept et le succès qui va avec . Pour cette nouvelle voiture, Rover a vu les choses en grand afin de marquer une rupture tant stylistique que technique avec les vieillissantes P4 et P5 . La carrosserie, un peu à la manière d’une Citroën DS, est fixée sur la structure monocoque afin de pouvoir remplacer facilement les panneaux voire de restyliser la voiture à moindre frais, chose qui ne s’est jamais produite, le design n’ayant presque pas évolué au fil des ans . Côté amortissement, la voiture a failli disposer d’une suspension hydropneumatique façon Citroën et pour la motorisation un flat 4 . A défaut, l’insolite Rover P6 a dû se contenter au lancement d’un 4 cylindre de 2.0 litres de cylindrée mais disposait toutefois de 4 freins à disque, chose assez rare à l’époque ….



La suspension de l’étonnante Rover P6 était cependant assez élaborée avec un bras en L qui se chargeait de transmettre les mouvements verticaux aux ressorts placés en position horizontale . Cette architecture, bien excentrique à l’époque, avait pour principal effet de libérer de la place en largeur . Un défaut toutefois lié à cette innovation, c’était la complexité du train arrière qui a eu pour fâcheuse conséquence de réduire le volume du coffre . Non content de snober le système métrique, les ingénieurs anglais ont trouvé un moyen peu conventionnel pour libérer l’espace dans le compartiment à bagages avec la roue de secours qui pouvait trouver sa place sur la malle arrière, l’inconscient collectif associera à jamais ce signe distinctif à cette voiture . L’habitacle intérieur est traité dans le plus pur style anglais dont on est coutumier avec des moquettes épaisses, du cuir de bonne qualité, du bois sur la planche de bord . Un salon roulant confortable et assez luxueux pourvu des meilleurs accessoires et équipements disponibles à l’époque, c’est ce qui caractérise le mieux l’insolite Rover P6 ....



Destinée à remplacer l'antique P4, la nouvelle Rover P6 marque un tournant dans la production anglaise de voitures familiales . Esthétiquement, elle rompt avec les canons de l'époque et techniquement, elle innove dans un bon nombre de domaines comme la suspension ou la motorisation . Elle reprend l'esthétique engagée dans un projet datant de 1960 appelé T4 et qui s'intéressait à la propulsion grâce à un moteur à turbine à gaz qui finalement ne sera pas retenu puisqu’elle sera dotée au début d’un classique 4 cylindre de 2 litres puis d’un 2,2 litres . La voiture est cependant très maniable, bien équilibrée et vraiment agréable à conduire ce qui fait qu’en définitive, la presse et la clientèle accueilleront très favorablement la nouvelle venue . Elle deviendra même tristement célèbre quelques années plus tard car c’est au volant de cette voiture que la Princesse Grace trouva la mort en 1982, suite à un AVC . Au total, 322 000 exemplaires de la Rover P6 furent produits à Solihull entre 1963 et 1976 avant que la SD1 et ses faux-airs de Ferrari Daytona ne lui succède ....



L’étonnante Rover P6 va donc adopter trois motorisations durant sa carrière . Un quatre cylindres de 2000 cc puis de 2200 cc et finalement un gros V8 . La voiture s’est dotée d’un V8 de 3500 cc à arbre à cames central en 1968, un bloc d’origine Buick qui a reçu quelques modifications pour l’occasion . Ce moteur délivre une puissance de 135 chevaux et un couple important qui lui offre des performances satisfaisantes pour une berline familiale imposante comme une vitesse de pointe d’environ 185 km/h et un 0 à 100 parcouru en environ 12 secondes . La transmission était assurée par une boite automatique à trois rapports ou au choix une boite manuelle à quatre rapports . Esthétiquement, durant sa carrière l’insolite P6 n’a que très légèrement évolué par des petits détails comme du vynile sur le pied central entre les portes avant et arrière, ou une calandre avant en plastique noir mat économie oblige . De nos jours la Rover P6 3500 S est devenu un modèle Vintage Classic plutôt recherché par les collectionneurs amateurs d’anglaises ....




Caractéristiques techniques :

  • Moteur : V8
  • Cylindrée : 3.5 Litres
  • Puissance : 135 chevaux
  • Vitesse : 185 km/h
  • Accélération : Le 0 à 100 en 12’’0






La « Rover P6 3500 S », c'est ça ...



La « Rover P6 3500 S », c'est ça ...





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mercredi 1 février 2012

Aston Martin Lagonda - 1985



ASTON MARTIN LAGONDA ….







On connaît tous la vénérable firme anglaise « Aston Martin » qui débute son activité de construction automobile dans les années vingt aux mains de son fondateur "Lionel Martin" . Mais après des difficultés financières et la reprise par "David Brown", c’est à partir des années 50 et du premier modèle DB1 (les initiales de David Brown) que la marque « Aston Martin » va produire une longue série de modèles enviables qui vont faire sa renommée . Il fût une époque où Aston Martin faisait la une des journaux économiques, avec ses faillites à répétition et dans les années 70, c’en était même devenu rocambolesque . Voilà qui explique le développement chaotique d’un projet de berline car au début, la firme s’était limitée à rajouter deux portes à son modèle V8 . Mais le projet fût bien vite jeté aux oubliettes, la crise pétrolière et financière n’étant guère propice à ce genre de fantaisie . En 1975, « Aston Martin » est reprise par un consortium qui se décide à investir dans une nouvelle berline et cette fois, pas question de rajouter deux portes au coupé existant, il faut une voiture entièrement nouvelle ….



Le premier prototype de l’étonnante Aston Martin Lagonda date de 1969 . Il est l’œuvre de William Towns, auteur de la DBS, qui a dessiné en même temps deux versions de la même voiture, le coupé DBS et la berline Lagonda à l’empattement allongé . La voiture, qui est motorisée une version prototype du futur 5,3 litres, ne connaîtra pas de suite immédiate et elle sera utilisée à titre personnel par David Brown . En effet, la Lagonda ne sera commercialisée que cinq ans plus tard et ce n’est qu’au salon londonien d’Earls Court de 1974 que la voiture sera exposée pour la première fois au public . Hélas, la période avec la crise pétrolière et les difficultés économiques n’est guère favorable au lancement d’une super berline capable de rouler à 250 km/h et proposée a un tarif très élevé, ce qui fait que sept voitures seulement seront construites . L'insolite Aston Martin Lagonda série 2 apparaît en octobre 1976 . Esthétiquement, elle a été totalement renouvelée mais elle est également œuvre de William Towns . La nouvelle version revendique le style caractéristique des années 70, le "edge design" anguleux à souhait . Les phares rétractables autorisent le dessin de la face avant en lame de couteau ….



Le style de l’incroyable Aston Martin Lagonda série 2 a totalement changé et revendique des formes très carrées . Entre sa présentation en 1976 et sa commercialisation, deux années furent nécessaires à en assurer la mise au point, l'essentiel du retard de développement étant à porter au compte de l'électronique embarquée très en avance pour l'époque . C'était la voiture la plus chère du monde et donc cette somptueuse berline s’attire la clientèle du Moyen-Orient, dont les princes d’Arabie Saoudite . Mais au final, la production ne démarrera pas avant 1978, le temps de fiabiliser les nombreux équipements électroniques dont la Lagonda est équipée (les sièges à mémoire notamment). La berline Lagonda a choqué la clientèle traditionnelle avec sa ligne en coins, taillée à la hache . Mais ce festival pour lignes droites n’était rien face à l’habitacle car les ingénieurs Anglais avaient massivement investi dans l’habitacle, notamment au niveau électronique . Résultat, les clients avaient franchement l’impression de se retrouver aux commandes d’un vaisseau spatial, tout droit sorti d’un film de sciences-fiction . Surprenant, étonnant, déroutant, mais malheureusement, la fiabilité était principalement testée par les clients, ceux-ci se retrouvant souvent dépités devant la fantaisie de l’instrumentation de l’étonnante Aston Martin Lagonda ....



La sulfureuse Aston Martin Lagonda se voulait l’équivalente des Bentley et Rolls . Son prix était d’ailleurs aligné sur ces dernières, mais avec une philosophie plus sportive, toutefois . L'évolution du modèle donnera le jour à la Série 3 à injection et à la Série 4 au nouveau face lift de carrosserie . 645 exemplaires seront construits jusqu'à l'arrêt de production fin 1989, présentant au total 6 versions différentes (3 en série 2 ; 2 en série 3 ; la série 4 n'ayant connu qu'une version). Amorcée en 1975, la Lagonda resta au catalogue pendant 15 ans, jusqu’en 1990 ! Une jolie carrière, qui peut sembler ridicule, mais pour un véhicule de ce genre, c’est une belle performance . Surtout lorsque l’on connaît les mésaventures des débuts . Les évolutions stylistiques resteront assez mineures, la carrosserie connaissant quelques arrondis dans les années 80 . Quant à l’habitacle, le folklore des débuts sera calmé par la suite avec une présentation plus classique . Enfin, la mécanique passera des gloutons carburateurs à une injection plus économe . De nos jours, la très insolite Aston Martin Lagonda est devenue un modèle Vintage Classic assez recherché par les collectionneurs, mais elle s’adresse à une certaine élite, amatrice de luxe décalé, de sportivité et voulant se démarquer du tout-venant automobile ....



Pour ce qui est de la mécanique, sur la surprenante Aston Martin Lagonda, les ingénieurs ont placé un V8 repris des coupés Aston Martin, rien de moins . Certes, le moteur a été un peu retravaillé, mais avec une cylindrée de 5.3 litres, quatre arbres à cames en tête et une injection électronique séquentielle Weber-Marelli, il reste suffisamment de quoi faire et l a puissance avoisine les 305 chevaux . Soumise aux normes antipollution, la voiture s’avère moins gourmande et plus "propre" . La boîte automatique était considérée comme douce, mais peu réactive car seulement trois rapports étaient au programme mais la force colossale du V8 s’occupe du reste . Les différentes versions étaient capables d’atteindre la respectable vitesse de pointe de 250 km/h . Vous l’aurez tous compris, aujourd’hui encore, la cote en collection de l’incroyable Aston Martin Lagonda reste assez élevée et il faut compter environ 50.000 € pour un exemplaire correct, ou beaucoup, mais alors beaucoup plus pour un exemplaire en état irréprochable ....




Caractéristiques techniques :

  • Moteur : V8
  • Cylindrée : 5.3 Litres
  • Puissance : 305 chevaux
  • Vitesse : 250 km/h






La berline « Aston Martin Lagonda », c'est ça ...



La berline « Aston Martin Lagonda », c'est ça ...





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