FIAT 124 SPORT SPIDER
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Au milieu des années soixante, l’Italie entre à son tour dans le tourbillon
effréné de la croissance économique . Après avoir mis la Péninsule sur "quatre
roues" en produisant des millions de voitures populaires,
« Fiat »
emboîte le mouvement et affiche de nouvelles ambitions . A cette époque, Fiat,
qui reste l’un des rares constructeurs généralistes, avec
Peugeot, à produire des cabriolets et des coupés dérivés de
berlines de grande diffusion, a prévu presque simultanément deux dérivés
sportifs de sa familiale 124, un spider et un coupé . Issu d’une sympathique
berline à vocation populaire, le Spider 124 Sport fut un peu aux années 60 ce
que la Mazda MX 5 fut aux années 90, un concept de cabriolet ludique et sans
prétention . Destiné à remplacer les Spiders 1500 et 1600 S qui avaient fait
leur temps, le Spider 124 Sport en a repris le meilleur tout en s’efforçant de
marquer sa différence ….

C'est le maître Pininfarina qui se voit chargé du dessin de la
Fiat 124
Sport Spider . Le coup de crayon, jugé peu audacieux à l’époque,
ne manque pourtant pas de panache . La ligne qui est très classique et très
pure, possède beaucoup de charme et un certain look intemporel . A tel point
qu’elle sera produite quasiment avec la même robe, mais avec des motorisations
différentes, jusqu’en 1985 . Présentée au Salon de Turin 1966, la Sport Spider
un peu trop sage et presque timide, attire cependant par la sobriété de sa
ligne, associée il est vrai à des tarifs attrayants, ce sera finalement la clef
d’un succès commercial durable . Si son association avec Ferrari offre à Fiat
un modèle de prestige à moteur V 6 (le Dino Spider), il est aussi impératif et
urgent de rajeunir toute la gamme . La nouvelle 124 Sport Spider va inaugurer
cette politique en proposant en plus des arguments convainquant comme quatre
freins à disque, une puissance en hausse et une tenue de route très sûre . En
véritable designer de talent, le Maître Pininfarina, de son côté, a réussi
l’impossible, transformer la citrouille en carrosse . Tout cela combiné font
que la
Fiat 124 Sport Spider a eu un tel succès pendant quasiment 20 ans
….

Convié une fois encore à signer ses lignes, Pininfarina a surtout cherché à
plaire au plus grand nombre . Aucune audace dans ce dessin apparemment banal
mais avec le recul du temps, on se doit d’admettre que les années n’ont pas eu
de prise sur ces formes «évidentes» qui ont su séduire sans vraiment lasser .
Pour autant, la très étonnante Fiat
124 Sport Spider n’a pas seulement brillé devant les terrasses de
café par son élégance un peu frivole . Bénéficiant d’une conception cohérente,
elle a aussi convaincu ses utilisateurs que ses origines latines n’étaient pas
usurpées . Né en novembre 1966, le Spider 124 a connu une longue carrière
marquée par quelques rebondissements imprévus et un ultime retour sur la scène
européenne orchestré par son carrossier attitré devenu provisoirement
constructeur-distributeur . Cette insolite prolongation lui a permis de tenir
son rang jusqu’au milieu des années 80 moyennant un minimum de retouches
circonstanciées . Au final, près de 200 000 exemplaires de la 124 avec les
Fiat 124 Sport Spider comprise ont trouvé preneur en Europe et aux
USA . ....

Plusieurs motorisations ont émaillé la carrière à tiroirs de ce Spider à
vocation longue durée . Les 1400 et 1600 de la 1ère génération ( 1966- 1972 )
s’imposent comme les plus pointus et montent aisément en régime en chantant
dans les tours . Le premier cité n’affiche toutefois que 90 chevaux DIN, ce qui
peut paraître un peu juste aujourd’hui . Plus ambitieux, le 1608 cm3 proposé à
partir de 1970 revendique la coquette puissance de 110 chevaux à 6400
tours/minute, un rendement flatteur pour un moteur de grande série né voici
plus de 30 ans . Plus sages à certains égards, les moteurs équipant les seconde
et troisième générations ( 1592, 1756 et 1995 cm3 ) sont issus pour leur part
de la série 132 mais leur architecture conserve la distribution à double arbre
à cames en tête de leurs prédécesseurs . En dépit de toute participation active
à la compétition, la tradition sportive est encore bien ancrée chez Fiat .
Ainsi, la mécanique de la morne berline 124 a été conçue par l’ingénieur
Aurelio Lampredi, qui travailla longtemps au développement des
V12 Ferrari avant de rejoindre Fiat en 1955 . Ce véritable sorcier de la
mécanique va doter ce petit moteur de 300 cm 3 supplémentaires et d’une belle
culasse "alu" à double arbre . Forte de cette cure de vitamines, cette
propulsion rigoureuse mais amusante à conduire va atteindre son apogée sur la
Fiat
124 Sport Spider ....

Sur la Fiat 124
Sport Spider, les moteurs 4 cylindres se caractérisent tous par
leur robuste constitution et leur propension à tenir les hauts régimes sans
défaillir . Correctement entretenus, ces moteurs peuvent prétendre à plus de
200 000 kilomètres sans soucis majeurs . Une vidange tous les 5000 kilomètres
avec une huile 20W 50 garantie pour des températures extrêmes et un bon réglage
allumage/carburation tous les ans suffisent en principe à prolonger le plaisir,
sans oublier un contrôle périodique de la courroie crantée de distribution qui
mérite pour sa part d’être changée au moins tous les 50 000 kilomètres .
Inaugurant le premier moteur «double arbre» de grande diffusion le Sport Spider
profitera aussi d’une excellente boite de vitesses (à 4 ou 5 rapports, selon
les versions), de quatre freins à disque assistés et de trains roulants
«évolués» et très sophistiqués . Une panoplie technique en rapport avec les
honnêtes performances du modèle et contrastant avec les solutions «rustiques»
encore privilégiées à l’époque par ses principaux rivaux britanniques . De nos
jours, ce modèle étonnant est devenu un véritable Vintage
Classic très recherché ….
Caractéristiques techniques :
- Moteur : 4 en ligne
- Cylindrée : 2 Litres
- Puissance : 122 chevaux à 6400 tours/minute
- Boîte : à 4 ou 5 rapports, selon les versions
- Vitesse : 185 km/h

Sur la Fiat 124 Sport
Spider, l’habitacle est assez soigné et presque luxueux . Le
montage et la finition sont de qualité et on sent bien que c’est du fait main
car les ajustements et les réglages sont visibles pour en témoigner . La
position de conduite est assez ergonomique pour l’époque, et tous les
instruments et accessoires sont a porté de main . La superbe sellerie en pur
cuir avec les garnitures du même acabit se marie à merveille avec la couleur
des moquettes assorties . derrière le petit volant cuir, le tableau de bord
regroupe à la vue du conducteur cinq compteurs qui fournissent tous les
éléments de contrôle . En mai 1979, Fiat lance sa série de moteurs équipés de
l'injection électronique . La version 2.0 litres dispose alors d'une puissance
de 122 chevaux, qui connaîtra un grand succès . Pour finir, en 1981, Fiat lance
la version 124 Spider 2000 Turbo développant 132 chevaux, seulement 700
exemplaires ont été produits ….

